• Adèle Nègre

L’écriture d’Adèle Nègre prend naissance dans des carnets qu’elle tient à jour et qui suivent peu ou prou les cycles des saisons, les observations faites depuis le bureau où elle travaille, mais aussi dans les gestes du quotidien. Il ne s’agit pas de poèmes assemblés en un recueil, cherchant à reconstruire un récit,  mais une coupe dans un seul texte que le regard attentif de l’éditeur a ici retenu. L’écriture d’Adèle Nègre est du même ordre que les photographies qu’elle réalise par ailleurs, en cela qu’elle ne cherche pas la forme particulière, exemplaire, mais qu’elle s’attache bien davantage aux jeux d’enchaînements, aux échos, qui constituent un déroulé sensible de son rapport au monde. Mais que l’on ne s’y trompe pas, il n’y a aucun naturalisme dans ses jardins visités, pas plus qu’il n’y aurait un simple constat dans ses prises de vues, plutôt une réalité mise à l’épreuve des mots et des images. Il s’agit sans doute d’une activité d’épuisement non pas des choses mais des gestes et formes du langage.



"Tu te dresses avec le feu
tu prononces des noms liés aux racines
le dessin expansif de tes vaisseaux
irrigue jusqu'aux doigts
et croît avec la couleur
entre deux feux tu resserres tes os
ton pas boit la neige expulse l'air
et glace

le feu est presque éteint
plus rien ne tremble
dans ta main la charge de toute les distances"

Extrait de Résolu par le feu, Préface d'Alexis Hubert, 14 x 20, 5 cm, 50 pages, 150 exemplaires - 12 euros








Revue 17secondes n°8, 10.2016
Revue Babel heureuse n°1, Gwen Catalá Éditeur, 03.2017
Revue Ce qui reste, Pour P, 04.2017
Le grand Rassemblement,  accompagnement d'un texte de Emmanuel Merle, Éditions Jacques André, 06.2017

à paraître : 

La robe, pré # carré 99, 03 2018
Anthologies/ Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux,
Éditions la passe du vent, 03. 2018