
Laurent Billia est né le 20 juillet 1967 dans le Val d’Oise. Au début, il a arpenté la forêt de Montmorency et les paysages vibrants, parfois lumineux, de la banlieue. Depuis, il vit en périphérie. Le voyage se poursuit de loin en loin grâce aux phares et balises de quelques revues littéraires…
Il participe activement à la diffusion des ouvrages de Bruno Guattari Editeur et a piloté le n°20 de la revue « margelles ».
Publications : revues : « Le Sabord », « Friches », « Verso », « Florilège », « Phréatique », « Jointure », « Froissart », « Pphoo », « Inédit nouveau », « Poésie terrestre », « Libelle », « Rivaginaires », « Les Cahiers de la poésie », « Diérèse », « margelles » / recueils : Là (L’Harmattan, 1999) / Nos mains sans yeux, La Bartavelle, 2011 / Déplacements des astres (Bruno Guattari Editeur, 2021)
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« Les corps célestes qui s’attirent et se repoussent, s’aimantent et s’agrègent, selon des principes physiques et chimiques complexes, ont tout ou presque des relations qui gouvernent celles des êtres vivants. Déplacements des astres pose un regard sensible sur les phénomènes qui rythment et ordonnent la vie sur terre, et plus particulièrement celle de l’humanité, à travers ses engouements, ses faiblesses, ses désirs et ses excès. L’auteur ne nous propose pourtant ni réquisitoire, ni plaidoyer, mais une simple prise de conscience de notre modeste place dans le Cosmos. »
>> Recension : Gilles Lades – Diérèse /
ISBN : 978-2-492713-18-7 / Dépôt légal : 02.2023

Extrait de Déplacements des astres
Ce qu’ils modèlent a le sourire des soleils d’hiver
sur les matins brumeux
chaque jour, ils bâtissent leurs châteaux de cire
le chantier ne résiste jamais aux institutions
et leurs calendriers qui figent tout
au crépuscule, il leur faudra puiser la chaleur primordiale
au cœur de la Terre
dans un chant ou un mouvement de plumes
des pieds vers les entrailles, puis les bouches, puis les yeux
vers leurs mains
pour amollir ce qui est dur trop vite
réapprendre à naître
et sculpter de nouveau
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Dans Déplacements des astres, Laurent Billia prenait appui sur les cycles lunaires pour évoquer, par analogie, les comportements humains. Dans ce présent recueil, c’est enraciné à la Terre qu’il prolonge cette approche. Alternant poèmes en vers et écrits en prose, l’univers qu’il nous propose peut apparaître comme hybride et intemporel, contes ou résurgences oniriques comme venus « d’ailleurs » qui interrogent notre « ici », l’un et l’autre étant les deux faces d’une même pièce ou encore la face unique d’un anneau de Mœbius.
>> recensions : Philippe Di Meo – Wukali / Eric Barbier – Diérèse / Manuel Anceau /
SBN : 978-2-492713-36-1 / Dépôt légal : 04.2025

Extraits de D’ailleurs, ici
Le jour sans paupières
[…] La même main plate
vers la même tasse
avant chaque jour différent
tu distinguais des doigts
que tu
ne vois plus
des doigts bleus dansant
derrière la fumée mauve
que tu
ne vois plus
Apparaître est notre dernier talent
alors chaque jour
scruter la fumée mauve
espérer derrière
le miracle […]
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Dans ce pays-là (II)
Dans ce pays-là, le visage du vieillard se rêve longtemps,
dans les abysses, sous le visage de l’enfant. Puis, soudain,
dans le miroir, c’est le visage de l’enfant qui surgit à la
surface de celui du vieillard. Mélancoliques, les femmes et
les hommes guettent toute leur vie ce moment où les deux
faces se superposent parfaitement. Il est unique et ne dure
que quelques secondes. Les êtres sont terrifiés à l’idée de
rater l’instant exact. Quand il arrive, là, vibrants une seule
fois à l’unisson, ils deviennent tout à la fois le chat fou,
les couleurs du champ en jachère, le glatissement de l’aigle
royal, un sourire dans la foule, la crête fraîche atteinte au
bout du chemin. L’instant passé, les femmes et les hommes
croiront parfois retrouver l’éclair en faisant l’amour, plus
jeunes ou plus vieux, quand, arrimant leurs pupilles, ils
rayonnent comme une nébuleuse qui s’éteint. Ce moment
où ils connaissent le secret de l’union du temps et de
l’espace, ils ne s’en souviennent jamais. […]
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