
Natif de Petit-Goâve, Adelson Élias a passé son enfance à « Cité Soleil », qu’il dit « toujours glacée et faite de trains qui volent les fleurs et de bouts de canne-à-sucre. »
Enseignant et journaliste en Haïti, Adelson a de multiples centres d’intérêts artistiques mais la poésie est assurément pour lui « le lieu le plus habitable ». Revenu vivre, à l’âge de 13 ans, à Petit-Goâve, il se considère comme « un glaneur impénitent de paroles travaillées et entourées de soleil ». Les lectures de Castera, Rimbaud, Verlaine, Phelps, Apollinaire, Baudelaire…, le conduisent à écrire ses propres vers qu’il publie en revues. Adelson a également collaboré à deux anthologies.
Il anime des ateliers d’écriture et publie des articles sur la poésie dans Le Nouvelliste et le National. Sa poésie se veut en résonance avec ce qu’il vit au quotidien dans son pays : « un souffle aux poumons du jour frappés d’asphyxie ».
Publications
Revues : « Le capital des mots », « Le Coquelicot », « Lichen », « L’éclectique », « margelles«
Livres : Écrire pour ne pas oublier, anthologie de poésie, ouvrage collectif sous la direction d’Adlyne Bonhomme, éditions Inferno (04.2017) / On assassine pas un poète, anthologie, ouvrage collectif sous la direction de Ricarson Dorcé et Ralph Jean-Baptiste, Jebca Éditions, (2018)
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Ossements ivres, d’Adelson Élias, est un recueil de poèmes à la fois tendres et rageurs sur son monde. l’auteur y découpe, y presse et y malaxe les lumières, les couleurs et les odeurs de son pays dans un rythme scandé, parfois proche de l’incantation. Son écriture plonge autant aux racines ancestrales qu’elle s’inscrit dans une veine surréaliste. L’amour y côtoie la mort, le vertige enivrant des paysages se confond avec la peau de la personne aimée, les souvenirs de l’enfance affleurent venant éclairer la page où se pose le poème. Douleurs et désirs. « J’écris parce qu’il faut une provocation à la blessure, désapprendre l’alphabet de l’emmurement et que le cri, entre deux gestes bleus, apprenne le chemin de l’oubli. »
Sa poésie se veut en résonance avec ce qu’il vit au quotidien dans son pays : « un souffle aux poumons du jour frappés d’asphyxie »
ISBN : 978-2-9563500-3-3 / Dépôt légal : 02.2020

Extrait de Ossements ivres
J’écris
parce qu’il faut
une provocation
à la blessure
désapprendre
l’alphabet
de l’emmurement
et que le cri
entre deux gestes bleus
apprenne
le chemin de l’oubli
j’écris
parce qu’il faut
de la cendre
éprouver
le pivot
et de son apparence
d’éternité
faire des bris
de vers
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<le trombone> n°3 – Publication numérique
Poèmes détachés de l’aube, est un choix, partiel et subjectif, effectué à partir du recueil inédit d’Adelson Élias, Ce corps rondi d’absence. Son premier recueil Ossements ivres à été publié chez Bruno Guattari Éditeur en 2019.

Extraits de Poèmes détachés de l’aube
Bientôt
Bientôt
je résilierai mon contrat
de collectionneur de cendre,
de bitumes
auxquels demeure
un casse-pieds,
l’orthographe du mot bonheur
pour écrire de l’arbre
où tu entends tomber le poème
*
Silence
Le silence passe
d’un murmure à un sanglot
de tes yeux
de tes mains de ta peau
le froid est si grand
de toi-même
que l’étouffement des villes
fait parler dans mes os
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