Alix Prada

Alix Prada est né en 1993. Il vit en Île-de-France et travaille
dans le domaine des archives cinématographiques. Depuis
2019, il place l’expérimentation poétique au coeur d’une
démarche d’écriture, de recherche visuelle et sonore. Il
s’intéresse notamment aux liens entre le cinéma et l’écriture.

Publications : « TAXI« , avec Tarwuk, Ilya Smirnov, Alexander Lezzi (02.2020) / Bad to The Bones, publication du poème Déterge dans le cadre de la série de concerts « Les Nuits Immenses » (01.2024) / Poèmes d’ex- , « How to Become » (10.2024) / Cunni lingus, textes et lecture audio (11.2024) / Glassbox-nord, lectures avec la revue « Hoot » (03.2025) / Diplomatie, in « Balloon Tooth (05.2025) /

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De la poussière plein les bras

Le cinéma, dit-on, est « le miroir de l’humanité » et, par extension, celui des sociétés qu’il représente. Si l’ancrage des poèmes, réunis ici par Alix Prada, s’en fait l’écho, celui-ci contient aussi, en filigrane, un portrait de l’auteur.
Cette « poussière plein les bras », qui renvoie à l’altération des pellicules, est donc aussi une métaphore. Convoquant successivement des gestes liés à son expérience professionnelle, des films, des souvenirs personnels et quelques « témoins », Alix Prada interroge autant les dépôts d’une mémoire collective dormante, que les relations intimes qu’il entretient avec ces « histoires », dont la restitution est bien plus qu’un principe de restauration, mais bien une sorte de catharsis, ou de renaissance : « Face à toi, l’écran est redevenu lait. »

ISBN : 978-2-492713-51-4 / Dépôt légal : 09.2026

Extraits : De la poussière plein les bras

Considère-moi comme une simple ellipse,
exilée à la bordure,
au seuil des trompe-l’œil.
Ton visage dévoré
de morceaux de soleil
et de béances d’éclipses,
excède aux angles l’émulsion,
s’attarde à l’intérieur du cadre,
suspendu au mur de crépis.
Le verre travaillé par les rumeurs salines
y réfléchit la tarentelle
à laquelle se livrent deux mains.
La première
montreuse d’ombres.
La seconde besogneuse,
dont les métriques bientôt harmonisées,
accompagnent les zébrures d’un démêloir.

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Étendue sur le fer
de zéphyr fouetté.
Une cuirasse de coton
souligne la qualité pythique de tes traits.
Hiérarques assoupis,
captifs de souffrances
retenues aux marges.
Afin de conjurer,
tu consacres ta convalescence à la reprise d’un même
brouillon,
tant et si bien qu’il te semble difficile
de cartographier le territoire
où gît ta joie enfouie.

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