
Isabelle Sancy est née en 1967 en Dordogne.
Dans le très vaste monde qui s’offre, le moyen le plus simple d’y prendre part est parfois sa langue maternelle. Elle devient évidente d’être pratiquée à tout bout de champ, pour n’importe quoi, sur tous les tons – des plus triviaux aux plus vitaux – puis d’être étudiée avec le monde elle se densifie jusqu’à la métaphysique ; tellement moins évidente alors, comme un troublant alter ego qui ne veut pas et ne peut pas tout dire, non plus que soi-même, tandis qu’on peut pourtant fonder et détruire avec les mots. Quelque chose du monde, de notre présence au monde, quelque chose de la vie et de la mort se joue à chaque instant avec la langue, on s’en aperçoit tôt ou tard ; ma poésie est sur sa trace.
Publications :
Revue / Revue ARPA, n°120-121 (2017) & Revue ARPA, n°127 (2019) / margelles / Contre-allées n°41 (2020) / Revue Place de La Sorbonne, n°14 (2025) / La Forge #7 ( 2026)
Articles / Pourquoi ? L’œuvre d’Armel Guerne, Les Cahiers du Moulin N°17 (2010) / Préface à la 10ème édition de Gascon de plume, 2013 / Note de lecture du recueil de poésie de Philippe Vigny, L’Apocryphe de Sainte Scolasse, Poezibao, (2019)
Nouvelle / Au delà du chemin – 1er prix de la nouvelle – Gascon de plume (2012)
Livres / Paraisons, poésie, Bruno Guattari Éditeur (2020) / Rire au ciel, roman, Bruno Guattari Éditeur (2022) / Dans cette brèche, poésie, Bruno Guattari Éditeur (2023) / Rue Tête d’Or à Eden, Bruno Guattari Éditeur (2024) /
Livre numérique / Sur la piste Isabelle Sancy & Philippe Agostini (< le trombone > n°1, 02.2023) / À rompre la nuit, Isabelle Sancy & Philippe Agostini (< le trombone n°15, 11.2025)
Avec / 8 poèmes, pour le catalogue d’exposition de l’artiste-peintre Rini Ferhi (2016) / Frédéric Netter, textes et dispositions de photographies / Philippe Agostini, [correspondances I], Livre Pauvre, 4 exemplaires (2018) / Philippe Agostini, D’ouest en est, Livre Pauvre, 2 exemplaires (2020) / Philippe Agostini, L’Odalisque (Maison Matisse), Livre Pauvre, 4 exemplaires (2024) / Philippe Agostini, Iris Pallida, Æncrages & Co (2024) / En présence – sur une photographie d’Isa Marcelli, Éditions Les petites allées (2025) / Grandeur Nature, Isabelle Sancy et Claude Caroly, Bruno Guattari Éditeur (2025) / Lune cornée, Collectif sur des photographies d’Adèle Nègre, Bruno Guattari Éditeur (2025) /
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Avec ce premier recueil, Paraisons, qui réunit un ensemble de textes en vers libres et en prose, écrits au fil des saisons, Isabelle Sancy tisse l’étoffe d’un univers raffiné et complexe où s’entrelacent des temps et des espaces qui semblent, ainsi que de petites bulles, remonter du fond d’un plan d’eau à la surface. Bribes détachées d’une mémoire rêvée, amorces de récits, éphéméride recomposé, rencontres réelles ou fictives avec le végétal, le minéral et les êtres… sont autant de cas de figures qui s’enroulent avant de se cristalliser en un ouvrage à l’écriture ciselée qui sans cesse ravive l’étendue des sensations contenues dans la langue, des granulosités sonores aux parfums oubliés des mots.
ISBN : 978-2-9563500-4-0
Dépôt légal : 03.2019

Extrait de Paraisons
À la nudité, à l’exposition
puissante des foyers, des chambres
— toutes entrailles dont le lieu est révélé
dans des semaines de transparence
du paysage aux Hommes
– fausse morte, parle !
du mystère, exaspérant de proximité,
reconnaître les signes de la faim et de la soif.
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« Solange-Margot est une femme banale qui vit en province, travaille dans une déchetterie et qui a un permis de port d’armes. Ce sont des détails, comme des attachements ou des paysages vus, éprouvés, qui disent le mieux une sensibilité à une forte péripétie amoureuse ou à la mort violente d’un ami, pour cette femme dont l’intimité résolument lumineuse et insondable, nous devient quelque peu perceptible. »
ISBN : 978-2-492713-10-1
Dépôt légal : 04.2022

Extrait de Rire au ciel
Nous sommes le premier lundi du mois, du mois de mars,
alors c’est Solange-Margot qui fera l’ouverture de la déchetterie
à quatorze heures. Au matin frais elle s’est éveillée pour déjeuner
en regardant le ciel dans le cadre des fenêtres, à travers les
branches, par-delà les toits. La dénomination des couleurs lui
plaît et l’occupe jusqu’à la plus petite touche, un point, l’éclat
des mines cassées des crayons, les volutes du bois taillé et leur
mince liseré coloré.
Ce matin, la lumière autour d’elle est captivante parce que sur
quelques gros nuages au levant, le soleil martèle ses flancs en
gerbes vigoureuses, semant des étincelles d’or et de longues
saignées de rose – elle y voit une aile de flamant qui s’éloigne
à l’orient – de la poudre à dragée éparpillée à grands gestes, un
bouquet de mauves fanées projeté dans le seul nuage haut, un
peu partout des veines de sang rubis, par moments devenues
bleues, qui maintenant baignent l’air tout entier d’un flot de
rose indien, si bien que même le bois de la fenêtre en devient
palissandre. Palissandre rose indien pour lui plaire. Dans son
thé fort elle ajouta un trait de lait, abattit le maelström en y
plongeant d’un coup sa cuillère et voyagea en pensée jusque sur
les collines du Darjeeling qu’elle n’a jamais vues autrement que
sur des photographies et dont la géométrie végétale en cubes
de vert l’étonne : c’est une géométrie compliquée de lignes
épousant les courbes, chaotique sur les toutes petites surfaces,
à hauteurs variables et distinctes quoique presque entièrement
confondues par la couleur, enlacées de chemins et d’une tendresse
de milliards de feuilles qu’elle espère ondes vivantes sous
le vent comme une peau sous la caresse. Les collines à thé du
Darjeeling lui rappellent les vagues rondes des buis d’un jardin
sur la Dordogne, qui parfumaient l’air un soir de promenade.
Tout le rose disparu, il fallait bien s’activer maintenant. […]
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<le trombone> n°1 – publication numérique
« Du temps que j’étais petite fille, trois pommes et deux souvenirs (les yeux à peine à la hauteur de la table), ou bien plus grande et plus pensive, existaient – de proche en proche en promenade – ce genre de demeures qui sont des châteaux dans le vocabulaire. Ils se confondent tous dans mon esprit, surtout leurs grands parcs aux arbres centenaires qui s’étiraient jusqu’à la forêt en une progression naturellement dense de la végétation mais où j’apprendrai à reconnaître, dans le même temps que d’autres s’ingéniaient à nous en séparer, que des esprits éclairés avaient su laisser faire afin que cette progression existât qui illustrait secrètement le seul ordre important du monde : tous les états de la beauté – jusqu’à la dangereuse combe que dissimulaient les fougères et les sables mouvants, à l’extrémité entre le canal et la route quand il n’y a plus qu’un petit bois obscurci de grimpantes parasites qui s’y répandaient en froissements de rideau velouté, et plein d’une humidité vénéneuse. On dit que des temps sont révolus lorsque le portail immense voit passer notre modeste multitude pour aller au château par l’allée principale, mais cela c’est la nostalgie d’un ordre supérieurement séparé qui s’est cru éternel. »
(texte d’Isabelle Sancy / photographies de Philippe Agostini)



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Imaginez qu’il ne reste plus aucune photographie d’un lieu du passé ou que les photos ne puissent restituer certains pans importants de la vie dans un lieu précis, alors l’écriture d’Isabelle Sancy s’engouffre Dans cette brèche, par toute la puissance possible de la prose et de la poésie.
ISBN : 978-2-492713-23-1
Dépôt légal : 12.2023

Extrait de Dans cette brèche
Patente
Des noisetiers, des cristaux gris-bleu,
les romans maritimes et des encens précieux
au pied des forteresses de ce temps ;
derrière leurs murs on torture, on viole, on assassine.
Arrachage (de l’ongle, cette humanité)
puis reproductions, tout est possible
on sait faire séquençage à foison de si belle technique.
Vous m’écrirez bien un petit bonbon à la menthe violette maintenant ?
Et surtout tuez moi sur le champ.
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<le trombone> n°15 – publication numérique
« Quelle nuit s’agit-il donc de rompre ? Et avec quel marteau, sinon le brise-glace de l’œil-artiste que l’un et l’autre affûtent à notre corps ? La nuit épaisse dont l’obscurité allume les feux les plus lointains de la galaxie, et, métaphoriquement, la nuit épaisse du mystère humain qu’il s’agit de lire entre le crépuscule et l’aube. Une traversée, un aller-retour, de l’obscur au lumineux, à l’intérieur de soi et au-dehors. » Chloé Charpentier
(Textes d’Isabelle Sancy / Monotypes de Philippe Agostini)


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Composé d’un ensemble de petites proses, Rue Tête d’Or à Éden est une déambulation subjective à travers des lieux urbains. Isabelle Sancy entretient ici, entre rêve et réalité, l’illusion de vues ou de situations observées qui constitueraient, par jeux subtils d’associations, un tout homogène. L’image d’une ville prend forme dans une intention littéraire faisant écho à ce qu’écrivait Fredrik Sjöberg : « À présent, je ne fais confiance qu’aux souvenirs qui n’ont jamais été documentés. Non pas parce que les photographies mentent, mais au contraire parce qu’elles interdisent les petits mensonges qui constituent la partie la plus véridique de tout souvenir digne de ce nom ».
>> Recensions : Revue Esprit 11.2024 (Anne Roche) / Phoenix n°43 (André Ughetto)
ISBN : 978-2-492713-31-6
Dépôt légal : 10.2024

Extrait de Rue Tête d’Or à Éden
73 / Une petite ville faite d’un agrégat de maisons étroites aux balcons minuscules dans des ruelles sombres, de loin en loin emportées de lumière et liées en un lacis que j’aurais aimé parcourir longtemps pour lire son organisation secrète. Je l’ai à peine entrevue pourtant elle me plaît, pas bien grande avec son air mal peignée (revoir absolument dans la cour désolée de ce qui fut l’ancien accès principal du cloître Saint Trophime, tout là-haut sur la gauche une fenêtre, et dessous, à même le mur, deux très petits chevaux de terre cuite ; pourvu que personne jamais ne les fasse disparaître, je le veux). J’interroge la petite ville où je marche peureusement, indésirable aux voitures qui sont nombreuses et aussi larges que les rues sont étroites. Je fais deux pas, je prends la mesure de ce qui vient en face ou derrière et je me colle au mur d’évidence, emportant à chaque fois sur mon dos quelques écailles des façades lépreuses. Je cherche son visage sous les desquamations sèches de sa peau malade, brûlante – elle qui pourrait dire encore clairement, un peu narquoise : je suis la Provence de tous les jours, non monopolisée – je cherche ses yeux, son centre. Je sais ce que je cherche, c’est une petite ville bâtie autour d’un cratère, blottie autour d’un lion éventré, mourant, les arènes.
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« Lune cornée » est un recueil de photographies d’Adèle Nègre, accompagné de vingt-cinq regards et voix d’auteurs et d’amis proches de l’artiste. Prélevées dans un vaste corpus par les auteurs des textes, les images ici présentes composent une proposition diffractée de plusieurs séries et approches visuelles explorées par Adèle sur une période de dix ans.
Avec : François Rannou • Pierre Drogi • Fabrice Farre • Manuel Reynaud Guideau • Pierre Gondran dit Remoux • René Thibaud • Gilles Sivilotto • Alexis Audren • Charles Alves • Isabelle Sancy • Theresa Nisters • Louis Germain • Stéphane Bernard • Anne Baget • Benoît Sudreau • Silvia Majerska • Bruno Guattari • Philippe Di Meo •Laurent Billia • Philippe Agostini • Anne Barbusse • Florence Vandercoilden• Chloé Charpentier • Hervé Bougel • Séverine Jouve •
ISBN : 978-2-492713-47-7
Dépôt légal : 05.2026



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Grandeur Nature est né de l’envie de faire se croiser deux écritures, les photographies de Claude Caroly et les mots d’Isabelle Sancy, différentes approches qui éclairent un même motif : la forêt ; si Claude Caroly semble l’envisager comme une figure séculaire à laquelle il tirerait le portrait, la tutoyant avec respect, Isabelle Sancy, quant à elle, interroge tour à tour les différentes temporalités, la trame complexe des émotions qui en émanent, les faits et gestes qui la font et la défont, et les récits qui fondent nos mémoires intimes et collectives de ce lieu aussi réel qu’imaginaire.
>> Recension : L’Humanité (P.B.)
ISBN : 978-2-492713-41-5
Dépôt légal : 02.2026



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