Adèle Nègre

Adèle Nègre est poète et photographe, elle vit et travaille en Haute-Saône.

L’écriture d’Adèle Nègre prend naissance dans des carnets qu’elle tient à jour et qui suivent peu ou prou les cycles des saisons, les observations faites dans l’espace où elle vit et où elle travaille.

Son travail de photographie est du même ordre, en cela qu’elle ne cherche pas une forme particulière, ni exemplaire, mais qu’elle s’attache surtout aux échos et aux jeux d’enchaînements, qui constituent un déroulé sensible de son rapport au monde. Ses prises de vues ne sont pas un simple constat mais plutôt une réalité mise à l’épreuve des des images.

Publications :

en revues / 17secondes n°8, (2016) / Babel heureuse n°1, et n°3, 06.(2017/2018) / Ce qui reste, (2019) / margelles / Revue L’Étrangère n°59 (2023) / Sarrazine (2025)

Livres / La robe, pré # carré 99 (2018) / Résolu par le feu, Bruno Guattari Éditeur (2018) / Un seul poème, Bruno Guattari Éditeur (2020) / Observations, (photographie), Collection cahiers [appareil], Bruno Guattari Éditeur (2021) / Interférences, (photographie), Collection cahiers [appareil], Bruno Guattari Éditeur(2021) / Métamorphoses, (photographie), Collection cahiers [appareil], Bruno Guattari Éditeur (2023 )/ Suite milan (à Canale), poème, Bruno Guattari Éditeur (2023) / Mobiles 1 (Migrations Déplacements graviers), poème, Bruno Guattari Éditeur (2026) /

Livre d’artiste / L’œil des pavots, Éditions Æncrages & Co (2021) / Variations (à la bergère Célimène), Les Lieux Dits Éditions (2022) / Sommités de juillet, Éditions Æncrages & Co, (2024) / ……….., Coll. Flux, Atelier de l’Estey (2026) /

Avec / Le grand Rassemblement, accompagnement photographique d’un texte d’Emmanuel Merle, Éditions Jacques André (2017) / Anthologies – Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux, Éditions la passe du vent (2018) / La produzione di amore de Michela Gorini, Éditions Dot.com Press, Poesia (2018) / Le poète et l’inspiration, Cahiers de Littérature Orale n°81, publication IMAF CNRS, Presses de l’Inalco, (2018) /Hortus conclusus, accompagné de dessins d’Anna Agostini, Collection cahiers [appareil], Bruno Guattari Éditeur (2020) / L’œil du cheval, accompagnement photographique du texte de Martine Gärtner, Collection cahiers [appareil], Bruno Guattari Éditeur (2020 / Ton corps est là ?, de François Rannou, photographie en frontispice du tirage de tête, Bruno Guattari Éditeur (2025) / À moins que Marseille, accompagnement photographique du texte de Anne Barbusse, Éditions milagro (2025) /

Numérique ( coll. <le trombone>) / Pas de côté (< le trombone > n°2 –2023) / Causseries (<le trombone> n°8 – 2023) / Ménades (<le trombone> n°7 – 2025)

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Résolu par le feu (Poème) est une suite de textes en vers libres qui traduit, sous forme de « vues écrites », au rythme des saisons, quelques moments choisis du quotidien d’Adèle Nègre. Loin de toute tentation naturaliste, cette écriture est une exploration sensible des figures tangibles et métaphoriques (le jardin/le livre) qui font le corps du langage.
Dans Résolu par le feu, « chaque déplacement, même infime, est un voyage intérieur et le feu devient l’énergie mimant la marche du corps dans le paysage, haut et droit comme une flamme. Le corps, dans ses frictions, ses heurts avec les arbres et les fleurs, cherche délibérément à s’étoiler, se prolonger dans le paysage par une succession de métamorphoses […] et fait résonner sa musique fébrile et enlevée, composant une harmonie singulière avec le chaos du monde. », écrit Alexis Hubert dans sa préface.

ISBN : 978-2-9563500-1-9
Dépôt légal : 02.2018

Extrait de Résolu par le feu

Tu te dresses avec le feu
tu prononces des noms liés aux racines
le dessin expansif de tes vaisseaux
irrigue jusqu’aux doigts
et croît avec la couleur
entre deux feux tu resserres tes os
ton pas boit la neige expulse l’air
et glace

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Hortus conclusus. Au tout début du printemps, l’auteure, enfermée dans un jardin où s’éveille la nature, alors que pèse la séparation forcée des corps et une menace invisible à l’extérieur, convoque en rendez-vous quotidiens, par l’expérience de la sensation et des mots, le vivant et les mythes. Loin de là, en ville, une autre femme, sa fille Anna, se remémore et retrace les emblèmes d’un jardin des origines.

Dépôt légal : 04.2020

extrait de Hortus conclusus

Il ne fallait pas négliger le vent. Il confère soudain
avec les jeunes jacinthes, sa brusquerie
les démembre en chaque phrase plus dur et plus froid,
mais elles, sourcilleuses, crèvent l’air de leur minutie
en coulant. Au temporal s’ouvre une faille commune à

tous les os crâniens. Des sutures craquent. L’horlogerie
trépigne et je vois des vanités dans l’herbe, brin à brin.
Au jardin plus dur d’être venté, le parfum de jacinthe
disperse le reste de mes pensées : aucune ombre et
le pauvre quotient de ma fleur à ses pieds meurtris.

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Observations, Interférences, Métamorphoses sont les trois volets d’un triptyque photographique. Si les photographies d’Adèle Nègre relèvent d’une observation attentive et précise de sujets ou de situations simples, celles-ci ne sont en aucun cas des prélèvements objectifs du réel, mais bien une élaboration patiente et sensible de ce qui l’entoure et qui, de proche en proche, constitue un espace d’écriture. Observations, croisant plusieurs motifs issus d’une banque d’images assez considérable, en restitue une partie des cheminements.

Attentive aux phénomènes et aux interactions qui, jour après jour, font évoluer ses motifs, lesquels constituent un fonds important de prises de vues. Ayant revisité ses archives, Adèle Nègre nous propose, dans ce second volume, d’en restituer les Interférences.

Métamorphoses est le dernier volet du triptyque, composé à partir d’un vaste fond d’images réalisées depuis 2015. Adèle Nègre interroge le phénomène rhizomatique produisant de façon cyclique et parfois inattendue maintes résurgences. Métamorphoses rend compte ainsi autant d’un processus à l’œuvre qu’il nous donne à voir autrement l’état des choses que nous avons sous les yeux.

ISBN : 978-2-492713-07-1 / 978-2-492713-08-8 / 978-2-492713-17-0

Dépôt légal : 2021 / 2023

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Un seul poème, second ouvrage d’Adèle Nègre est constitué de quatre parties distinctes (À l’échelle, Fumeur, De sous le tilleul, Dépailler l’iris) mais c’est un seul poème qui s’écrit quotidiennement, s’étoffe en écoutant les voix, en regardant le monde qui l’entoure, en pratiquant des gestes, ou encore en lisant. Un seul poème mène ces différents temps du quotidien ordinaire et répétitif de l’auteure, et « borne » quelques endroits de son parcours : la table, bien sûr, l’échelle dressée pour la cueillette ou la taille, le tilleul, l’allée des fleurs, le livre ouvert…

Ces lieux sont l’occasion d’une station (« un bon motif ! ») et d’une recréation avec la langue réflexive, joueuse et joyeuse du moment. Cet intervalle de temps (ou « quantité de mouvement »), d’abord observé à la loupe au cours de ces stations immersives, est par la suite transcrit par approximations successives en sa répétition rythmique et avec les déformations propres au médium, afin qu’en soit tirée une « physique de la sensation » en quelque sorte, c’est dire l’hypothèse d’une vie de plus.

>> Recension : Chemin potier (Pierre Gondran dit Remoux)

ISBN : 978-2-9563500-5-7
Dépôt légal : 09.2020

Extrait de Un seul poème

Un corps à consentir
à l’image – des images
toujours, s’il en est – chorégraphique
du poirier et
de la toiture intriqués.
L’échelle courbe vers celui qui
concave cueille
à des degrés divers
tout entier dans son geste
sa main

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<le trombone> n°2 – publication numérique

Pas de côté est une suite de photographies réalisée en 2016. À la fixité du décor et du motif témoin, figuré par une cruche de tête, répondent les apparitions plus ou moins fugaces de la photographe. Ainsi, une figure entre en scène, découvrant l’objet, tournant autour, l’effleurant comme pour l’apprivoiser. S’en suit une chorégraphie autant étrange que fascinante.

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<le trombone> n°8 – publication numérique

Causseries

« Au fond de l’aven vertical profond de 60 mètres s’ouvrait une vaste cavité naturelle souterraine enfouie à 20 mètres, au sol en partie aplani, et fermée par un large mur de pierres : une cave de maturation pour la production des roqueforts, à laquelle on accédait soit par un treuil qui déroulait un câble depuis la salle inférieure d’une construction de 6 étages érigée à l’aplomb de l’abîme, la Fromagerie à proprement parler, soit, à partir de 1886 par un tunnel long de 200 mètres en pente douce foré dans le sol depuis une doline proche, puis par un majestueux escalier en pierres de taille à trois volées. […] La Colonie agricole et pénitentiaire du Luc était un domaine privé, propriété de la famille De Luc puis Marquès Du Luc. Elle accueillit jusqu’à 200 colons, orphelins, ou enfants abandonnés pour la plupart, qui firent prospérer le domaine jusqu’en 1929, ce qui profita aussi, directement ou indirectement, à la population environnante. » A.N.

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Suite milan (à Canale)

À l’occasion d’un retour – tardif – à la source, à Canale, Adèle Nègre assise dans le jardin de la maison familiale, suit des yeux le vol du milan, comme elle suit son propre mobile. Ce sont les circonvolutions de l’oiseau autant que les lacis de ses pensées (souvenirs, attentes – on attend ici une naissance –, observations…) qu’elle tente de tresser dans ce poème, peut-être moins pour démêler/ordonner ses visions, que pour en saisir la complexité, en éprouver la consistance, et sans cesse questionner la relativité du point de vue.

ISBN : 978-2-492713-24-8
Dépôt légal : 12.2023

Extrait de Suite milan (à Canale)

Il y avait un geai sous le figuier
son armure métallique brille dans l’attente.
Dans la rue les chiens trapus ces cursinus
au pelage marbré rêvent tout haut sous les voitures,
enchaînés. Le belvédère à ocres balustres
m’évoque un théâtre. Tout pense et respire, William.
Bien voir est-ce une question de point de vue ?

Le chemin vieux est pris dans les ronciers.
Ombre noire des mûriers à l’arôme de figue
et d’urine qu’il faut contourner.
C’est que les temps ne sont jamais sûrs et
les savoirs enlierrés, le mécompte cuisant.

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<le trombone> n°17 – Publication numérique

Ménades, c’est d’abord un ensemble de poèmes d’Adèle Nègre, écrits en mai-juin 2019, accompagnés ici de quelques prises de vues réalisées par l’auteur sur cette même période. Chose assez rare pour être signalée, les textes sont ici écrits en écho aux images, jeux de miroir amusés du je, avec, comme témoin, une figure de Tanagra.

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Où, à quelle profondeur, et surtout quand commence un poème ? Mobile hypersensible, jeu d’équilibre et de mouvement, le poème (ce composé de faits, de motifs et de sensations qu’il est) fait jouer en nous des ressorts inconnus. Ses mots doivent suffire à sa persistance.
Migrations Déplacements Graviers est le premier volet du triptyque Mobiles. Le poème qui se meut ici est issu du carnet du premier semestre 2019. Adèle Nègre, prenant appui sur son quotidien, observe et s’interroge à partir des différents motifs qui, au gré des transformations saisonnières, des changements de lumières ou des micros évènements, le composent. Ce sont ces motifs (ou ses mobiles) qui, trouvant des échos dans la fréquentations des textes ou des images d’autres auteurs (et créateurs), mettent en mouvement l’écriture et font advenir le poème, non comme une résolution mais plutôt comme un dialogue ininterrompu, un chant.

Mobiles 1 (Migrations Déplacements Graviers) est le premier volet d’un triptyque en cours de publication.

>> recensions : remue.net (Pierre Gondran dit Remoux) / Phoenix n°43 (Laurent Billia)

ISBN : 978-2-492713-45-3
Dépôt légal : 02.2026

Extraits de Mobiles (Migrations Déplacements Graviers)

Juste au bas des marches
est le pinson qui
hardi cadence
coups de bec
au sol
et œillades
au pallier

où je suis.

…………….

Ce sourire indigne à la moindre violette
– cousue de près, un trop prégnant faufil –
au cyclamen, oh le lové, palet pour déterrer
l’oubli, à la toute fraîche venue,
la fragile cardamine, et pourquoi ?
À chacune l’humilité de rigueur, apparue
en son temps et forme. À moi la conscience
et le fiasco de sa parole.

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Lune cornée est un ouvrage collectif, imaginé par Isabelle Sancy. Composé des photographies d’Adèle Nègre, accompagné de vingt-cinq regards et voix d’auteurs et d’amis proches de l’artiste. Choisies par les auteurs des textes, les images ici présentes offrent une proposition diffractée de plusieurs séries et approches visuelles explorées par Adèle sur une période de dix ans.

Avec : François Rannou • Pierre Drogi • Fabrice Farre • Manuel Reynaud Guideau • Pierre Gondran dit Remoux • René Thibaud • Gilles Sivilotto • Alexis Audren • Charles Alves • Isabelle Sancy • Theresa Nisters • Louis Germain • Stéphane Bernard • Anne Baget • Benoît Sudreau • Silvia Majerska • Bruno Guattari • Philippe Di Meo •Laurent Billia • Philippe Agostini • Anne Barbusse • Florence Vandercoilden• Chloé Charpentier • Hervé Bougel • Séverine Jouve •

ISBN : 978-2-492713-47-7

Dépôt légal : 05.2026

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